De Josiane Boës : de la poësie : une chance d'être née avec ce nom. Pendant mon travail, j'écris. J'appelle mes textes des Totems car ils sont un point d'ancrage pour mon éternité d'étoiles. En voici un aperçu :
Les autres mondes.
Dis-moi les mondes oubliés,
dis-moi l'incertain rivage de nos peurs,
dis-moi le parfum du vent,
et ces déserts silencieux
où s'empilent les pierres fragiles de nos espérances.
Terre-mère magnifiée,
dans son infinie maternité,
dans la chaleur du gynécée,
dis-moi ces mondes que l'on oublie.
Job, 2006
Ton rire est un arc-en-ciel
déroulant son harmonique sur
la corde d’un ancien violon
oublié dans un coin de ta mémoire
oublié, oublié, oublié, oublié.
oublié.

Je traverse les ombres
Dans un pays si sombre
Que la musique s’y arrête
Suspendue
Aux nuages de ton regard.

Tu es là, mon guerrier
Toujours
Le nez dans mes cheveux, tu ris

Toi qui sais,
La mort apprivoisée
Tu as transgressé cet espace inaliénable
Et tu marches dans ce monde minéral
Sans les anges.


Pas à pas, murmure, tempo
Pour une absence qui ronge
L’âme.

Où es-tu, amie,
Dans les limbes des mémoires oubliées
Dans cet horizon souterrain qui mine mon coeur en attente
De ton improbable retour.

Sur la musique, il faut des couleurs
Sur la musique, il faut des mots
Sur toi, j’ai dessiné une carte
Et les Parquess ont jeté une arche magique
Sur ton ventre
Adagio.


Dans ta main ouverte, un coquillage,
sable et vent
sel et voile blanche
de ton corps qui tangue.
Je vois ton dos, appuyé au balcon,
face à la mer.
Grise, de sa grise mine, la pluie dégouline,
Caline sur tes mains,
Baiser sur ton visage.
Sourire à la pluie, rire au vent.
Et si tout était vrai ?

Je marche sur ton ombre dessinée
dans un éclat rouge-sang.
Chacun de mes pas dans tes pas,
et nos ombres se superposent
Et se séparent dans une danse
infernale que cuivrent les derniers rayons
d’un soleil mourant.

Un ciel gris d’usine
sans douceur, sans espoir
se ferme dans son acier bleu glacier.
Un ciel gris de larmes
déchiré d’éclairs de sang.
O ma Lorraine, ô mon enfance.

Un silence si plein de vent
pour que l’autome s’en souvienne.
Une lumière si douce
que le soleil peut en mourir.
La porte close sur ta peur et
les mots si simples pour te dire que.


Une petite main dans le sable
la preuve de son existence :
l’enfant y trace son nom.